Deshumain(s)
Texte et mise en scène :Céline Adolini
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », écrivait Rabelais.
L’humanité a fait un pas de géant en matière technologique. Ce qui étaient des gadgets de Science-Fiction hier, deviennent nos outils de demain. Notre portable, d’abord garant de notre intimité, nous rappelant par une notification le moindre rendez-vous, anniversaire ou virement bancaire, est devenu une extension de nous-même, codée en JavaScript. Un outil connecté à nos poignets ou nos lunettes. Plus qu’un simple accessoire, il est devenu un trou de ver, nous aspirant au-delà de notre réalité. Un monde démesuré que l’on façonne. FILTRÉ. RETOUCHÉ. L’humanité reliée par un fil INVISIBLE. ARTIFICIEL. PERPÉTUEL. INTERNET NE DORT JAMAIS.
Ce besoin profondément HUMAIN d’appartenir à une communauté. On se « like « . On se « follow ». On « Stream ». On « Buzz ». On ne « surfe » plus. On coule. Submergé par des « vagues de haters », de bots. L’humanité piégée dans une toile d’araignée mondiale, tel un insecte attendant d’être dévorée par un arachnide I-TECH, ironiquement créé par elle-même.
Notre science a-t-elle eu raison de notre âme ? Nous a-t-elle déshumanisé, au point de nous déposséder de toute forme d’empathie, d’altruisme ? Ou n’est-elle finalement qu’une loupe sur toute la quintessence même de l’humanité. De ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes ? Sans leurres, sans masques, sans filtres. Ne faisant de nous ni des héros ni des monstres ; Mais nous montrant simplement ce que nous sommes réellement : DES HUMAINS.
